Ce qu’est cet acteur
Le bloc ouest-africain qui a sanctionné le Mali après ses coups d’État et l’a perdu — le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont achevé leur retrait en janvier 2025, la plus grande rupture des cinquante ans d’histoire de la CEDEAO.
Confiance : élevée Revu le 2026-08-30
Les sanctions qui se sont retournées contre leurs auteurs
La CEDEAO a fermé les frontières et gelé les avoirs maliens en janvier 2022 pour imposer un calendrier électoral. Les sanctions ont infligé un réel préjudice économique, n’ont pas fait bouger la junte et lui ont fourni un récit souverainiste qu’elle exploite depuis. Levées en juillet 2022, elles sont la cause immédiate de la perte d’influence du bloc.
Ce que coûte réellement la rupture
Au 2026-08Moins que ne le laissaient entendre les annonces, et c’est précisément l’écart entre les deux qui compte. La CEDEAO a déclaré qu’elle maintiendrait « jusqu’à nouvel ordre » la zone de libre-échange avec les trois États, et leurs citoyens continuent de bénéficier de la libre circulation sans visa, du droit de résidence et du droit d’établissement dans l’ensemble du bloc. Ce à quoi les États de l’AES ont renoncé, c’est la qualité de membre : une voix sur les règles, le mécanisme de règlement des différends et le statut institutionnel permettant de façonner un marché dont ils restent dépendants. La CEDEAO perd trois de ses plus vastes territoires, sa profondeur sécuritaire au Sahel et la crédibilité de sa norme anti-putsch. Le commerce se poursuit malgré tout — les importations maliennes, burkinabè et nigériennes transitent toujours par les ports de la CEDEAO à Dakar, Abidjan, Lomé, Tema et Cotonou, soit précisément la dépendance que vise le blocus du JNIM. Des analystes avertissent que la scission a néanmoins créé, le long des frontières communes, un vide de coopération qui profite aux groupes armés et complique le commerce transfrontalier formel.
Vers un nouveau cadre
Au 2026-08Aucune des deux parties n’a traité la sortie comme définitive dans la pratique. La CEDEAO a laissé la porte ouverte à un retour ; les États de l’AES, lors d’un atelier d’experts tenu à Ouagadougou du 23 au 25 juin 2026, ont travaillé à une position consolidée en vue de négociations futures, articulée autour de la souveraineté, de la préservation des acquis de l’intégration régionale et de la libre circulation des personnes et des biens. Ce qui se négocie, c’est la forme d’une relation, non un retour en arrière.
Non publié pour « CEDEAO »Posture (objectifs, contraintes, leviers)
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Dernière revue — 2026-08-30