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Bulletin hebdomadaireUkraine–Russie

Évolutions Ukraine–Russie — 27 septembre 2026

La campagne contre les raffineries a atteint la capitale, et, pour la première fois depuis des semaines, les éléments sur son effet ont évolué avec elle. L’Ukraine a frappé la raffinerie de Moscou le 20 septembre, dernier jour des élections à la Douma d’État, et des sources du secteur ont indiqué que l’usine était à l’arrêt, avec des réparations de plusieurs semaines ; quatre autres usines situées à des repères cartographiés ont suivi jusqu’au 26 septembre, et le gouverneur de Rostov a indiqué que l’une d’elles avait suspendu ses activités. Autour de ces frappes, un cessez-le-feu énergétique réciproque a été proposé, accepté sous condition par Kyiv et refusé par Moscou en trois jours, tandis que les canaux de négociation se multipliaient sans produire de texte. Deux documents officiels russes ont dit quelque chose du coût de la guerre dans leurs propres termes : Krasnodar a déclaré une situation d’urgence régionale en raison de la perturbation de ses ports de la mer Noire, et le projet de budget pour 2027 a creusé le déficit prévu et ajouté de nouvelles taxes. Les élections elles-mêmes ont donné une majorité record à Russie unie et n’ont modifié ici aucune fiche permanente.

Publié le 2026-09-27Période couverte 2026-09-20 → 2026-09-265 évolutions

Les évolutions

Énergie

La campagne contre les raffineries atteint la capitale, et les éléments sur les réparations évoluent avec elle

Des drones ukrainiens ont frappé la raffinerie de Gazprom Neft dans le quartier moscovite de Kapotnya tôt le 20 septembre, dernier jour du vote pour la Douma. L’état-major général a confirmé la frappe ; le maire de Moscou a confirmé qu’une installation du site avait été endommagée et a affirmé qu’environ 450 drones avaient été abattus aux abords de la capitale. Des sources industrielles ont indiqué à Reuters que les deux unités de distillation du brut avaient pris feu, que l’usine était à l’arrêt et que les réparations pourraient prendre plusieurs semaines. L’état-major général a ensuite confirmé des frappes contre le pôle de raffinage d’Ufa dans la nuit du 21 au 22 septembre, contre Perm et Novoshakhtinsk dans la nuit du 24 au 25 septembre et contre Ilsky dans la nuit du 25 au 26 septembre ; le gouverneur de Rostov a déclaré que Novoshakhtinsk avait suspendu ses activités, et le gouverneur de Krasnodar a fait état de morts dans le district autour d’Ilsky. Une sixième usine, Kuibyshev à Samara, a été frappée le 22 septembre et se situe hors de la série cartographiée. Des informations antérieures à cette période que le précédent bulletin n’avait pas reprises sont incluses ici et datées : Reuters a rapporté le 15 septembre que l’usine de Kirishi était à l’arrêt et que deux autres grandes raffineries de diesel tournaient à environ un quart de leur capacité, l’oblast de Leningrad rationnant le carburant à la pompe jusqu’au 1 octobre, et des sources industrielles ont fait état de l’arrêt de Syzran et de Saratov le 16 septembre.

Pourquoi c’est important. Le bulletin de la semaine dernière indiquait que la campagne était lisible mais pas son effet, car aucune des quatre mesures d’absorption n’avait bougé. Deux d’entre elles ont bougé cette semaine. Un délai de plusieurs semaines rapporté pour l’usine de Moscou, frappée deux fois en juin et de nouveau cette fois-ci, place une deuxième raffinerie à côté de Ryazan parmi les usines frappées trois fois en un an avec une durée de réparation rapportée, et un gouverneur russe a désormais fait état d’un arrêt en ses propres termes. C’est la différence entre un décompte de frappes et un élément indiquant une contrainte, et elle reste partielle : aucun exploitant ni ministère n’a publié de date de redémarrage, les délais reposent sur des sources industrielles non nommées, et rien ici ne mesure le débit perdu ni l’approvisionnement à Moscou. L’affirmation de l’état-major général selon laquelle plus de 45 pour cent de la capacité de raffinage russe est hors service est un chiffre de belligérant et n’est pas retenue. Ce qui permettrait de distinguer l’absorption du cumul des effets, c’est la prochaine frappe contre une usine dont la réparation n’a pas été signalée comme achevée.

Confiance : élevée Élevée pour les frappes et leurs dates, chacune confirmée par l’état-major général et, à Moscou, Novoshakhtinsk et Ilsky, reconnue par des responsables russes. Modérée pour les arrêts et le délai de plusieurs semaines, qui reposent sur des sources industrielles non nommées et, à Ilsky, sur la version ukrainienne. Le rationnement dans l’oblast de Leningrad et les arrêts de Syzran et de Saratov sont rapportés tardivement et datés du moment où ils ont été rapportés. Le volet de l’interdiction d’exportation n’a pas été entièrement passé en revue lors de ce cycle, si bien qu’aucun changement n’y est établi, dans un sens ou dans l’autre.
Diplomatique

Une retenue plus large que les deux capitales est proposée, acceptée par Kyiv et refusée par Moscou en moins de trois jours

Après avoir rencontré le président Trump à l’Assemblée générale des Nations unies le 22 septembre, le président Zelensky a déclaré que l’Ukraine était prête à un cessez-le-feu énergétique réciproque — cesser de frapper les raffineries et le système énergétique russes si la Russie cessait de frapper ceux de l’Ukraine — et que la proposition venait des États-Unis. Après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères Lavrov le 23 septembre, le secrétaire d’État Rubio a déclaré que les deux parties avaient exprimé leur intérêt pour un cessez-le-feu limité portant sur les céréales et l’énergie. Le 24 septembre, le porte-parole du Kremlin a déclaré que la Russie recherchait la paix plutôt qu’un cessez-le-feu temporaire, ce que l’Institute for the Study of War a interprété comme un rejet. L’envoyé de Poutine a rencontré les envoyés américains à New York le même jour. Le 25 septembre, le président Zelensky a déclaré que les États-Unis avaient proposé une réunion tripartite au niveau technique aux Émirats arabes unis, qui selon le Kremlin « pourrait avoir lieu bientôt » ; le même jour, le président Poutine a déclaré que la Russie allait « réfléchir soigneusement » à une reprise des pourparlers, invoquant l’attaque de drones contre la région de Moscou pendant le scrutin. Des drones russes ont frappé Kyiv les 25 et 26 septembre, tuant sept personnes le premier jour et touchant des centres de données le second ; Ukrenergo a signalé de nouvelles coupures dans six régions le 25 septembre.

Pourquoi c’est important. La seule retenue que les deux parties aient jamais mise en œuvre couvrait deux villes pendant trois jours. Ce qui leur a été soumis cette semaine couvrait un secteur entier, et l’une des parties l’a accepté publiquement, ce qui est nouveau. Le refus est la moitié la plus instructive, et il concorde avec la version que le Kremlin donne lui-même de ses raisons : son porte-parole a qualifié le secteur énergétique de l’Ukraine de talon d’Achille du pays le 10 septembre, et la campagne d’hiver ordonnée le 1 septembre repose sur les frappes contre ce secteur. Une trêve sectorielle demande à la Russie de renoncer à son principal instrument hivernal en échange d’un répit pour des raffineries qu’elle répare déjà, et le prix fixé par le Kremlin le 15 septembre — des garanties pour le transport maritime et un allègement des sanctions — montre qu’il estimait l’échange autrement. Rien ici n’établit que les pourparlers sont au point mort : les canaux se sont élargis, et un cycle technique a été proposé. Ce que la semaine ne contient pas, c’est un texte, un dispositif de surveillance ou une pause déclarée.

Confiance : élevée Élevée pour les déclarations et leurs dates, toutes publiques. Modérée pour l’origine américaine de la proposition, qui repose sur la version du président Zelensky. La qualification de rejet appliquée à la remarque du Kremlin du 24 septembre est la lecture, par l’Institute for the Study of War, d’une déclaration qui n’employait pas ce mot. Aucune position n’est prise sur la tenue ou non du cycle technique proposé.
Maritime

Une région russe consigne officiellement la perturbation des ports de la mer Noire

Le 24 septembre, le gouverneur de la région de Krasnodar a signé un décret d’urgence, en vigueur depuis le 12 août, invoquant des attaques massives contre des installations logistiques, la suspension des opérations portuaires et la perturbation de la navigation dans le bassin Azov–mer Noire. Une analyse de Reuters diffusée le 25 septembre décrivait trois des terminaux céréaliers de la région comme lourdement endommagés — NKHP à Novorossiysk, frappé le 12 août, avec quatre à six mois de réparations signalés — et estimait qu’environ 53 des quelque 67 millions de tonnes de capacité des terminaux régionaux, soit environ 80 pour cent, étaient à l’arrêt mais en état de fonctionner. Des analystes du secteur ont estimé séparément que les frappes d’août avaient mis hors service environ 90 pour cent de la capacité d’exportation de céréales de la région. Ce cycle n’a relevé aucune frappe à un repère de la mer Noire ou de la mer d’Azov confirmée par une autre partie que celle qui la revendique ; les affirmations russes à Odesa sont comptées avec une confiance faible, en tant qu’affirmations.

Pourquoi c’est important. Jusqu’ici, l’effet des frappes contre les terminaux reposait sur les affirmations de la partie qui frappe, sur des informations commerciales et sur un mouvement des contrats à terme sur le blé le jour même. Un décret d’urgence régional est un acte officiel russe, et son effet rétroactif au 12 août le rattache à la frappe que ce module consigne déjà comme le basculement de la campagne des raffineries vers les exportations. L’analyse compte pour une autre raison : l’essentiel de la capacité à l’arrêt est décrit comme intact, ce qui fait de la perturbation une question de risque autant que de destruction, et situe la contrainte dans le transport maritime et l’assurance plutôt que dans le béton. C’est pourquoi la question maritime permanente du module est avancée du côté portuaire et non du côté du pétrole brut — le décret concerne les céréales et les opérations portuaires, et aucun chiffre indépendant ne montre encore les volumes de brut transportés par mer ou la décote évoluant avec la campagne.

Confiance : modérée Élevée pour le décret, sa date et ses motifs déclarés. Modérée pour les chiffres de capacité, qui relèvent d’une analyse relayée par le Moscow Times plutôt que d’une série officielle ; l’estimation de 90 pour cent provient d’analystes du secteur non nommés et n’est retenue qu’à ce titre. La description de la capacité comme en état de fonctionner est la lecture propre de l’analyse.
Économique

Le projet de budget russe creuse le déficit prévu et recourt à de nouvelles taxes

Le ministère russe des Finances a publié son projet de budget 2027–29 le 24 septembre. Il prévoit pour 2027 des recettes de 43.3 mille milliards de roubles et des dépenses de 48.8 mille milliards, soit un déficit de 2.2 pour cent du PIB contre 1.2 pour cent dans le précédent plan triennal, et désigne la défense et la sécurité comme une priorité stratégique. Il propose un impôt progressif de 13 à 22 pour cent sur les revenus passifs des particuliers, tels que les intérêts des dépôts, les dividendes et les ventes de biens, dont les militaires sont exonérés ; un prélèvement sur les superprofits des secteurs des métaux et des engrais ; et une taxe sur le commerce électronique transfrontalier. Les hypothèses économiques du gouvernement rapportées par la presse comprennent une contraction de la production industrielle en 2026. Le projet doit être soumis à la Douma avant le 1 octobre.

Pourquoi c’est important. Le profil de la Russie désigne depuis longtemps une tension budgétaire imposant des choix visibles comme le signe que le coût de la guerre commence à devenir contraignant. Un projet qui double le déficit prévu et le finance en partie en taxant les épargnants, les acheteurs en ligne et les exportateurs est un tel choix, fait publiquement par le ministère responsable — ni une crise, ni une coupe dans l’effort de guerre, que le même document protège. Ce qu’il établit, c’est la direction : le coût est couvert par une hausse des recettes plutôt que par une réduction de la défense. Ce qu’il n’établit pas, c’est l’ampleur de la ligne défense, que ce cycle n’a pas vérifiée, ni quoi que ce soit sur la forme définitive du budget, que la Douma n’a pas encore voté.

Confiance : élevée Élevée pour les totaux publiés, le ratio de déficit et les mesures fiscales nommées, rapportés de manière concordante par Reuters et le Moscow Times à partir du projet du ministère. La dotation à la défense nationale pour 2027 n’est délibérément pas indiquée : le chiffre trouvé dans la presse n’a pas pu être rattaché au projet de cette année. L’estimation du Moscow Times d’un déficit pour 2026 proche de 3 pour cent du PIB n’a pas été vérifiée et n’est pas retenue.
Livraisons d’armes

Une licence Patriot est annoncée par l’acheteur, et non par le vendeur

Le 25 septembre, le président Zelensky a déclaré que le président Trump lui avait dit à l’Assemblée générale des Nations unies avoir pris une « décision finale » d’autoriser sous licence la production de missiles Patriot en Ukraine. Le département d’État avait indiqué le 24 septembre qu’aucune décision finale n’avait été prise, et aucun document, aucune condition ni aucune confirmation américaine n’a suivi. Le même jour, les États membres de l’UE ont arrêté les conditions du déblocage de 6.6 milliards d’euros de la Facilité européenne pour la paix après un blocage de plusieurs mois : 4.7 milliards de remboursement pour des armes déjà livrées, 0.9 milliards pour la formation et 1 milliards pour des achats conjoints. Les ministres de la Défense de l’UE doivent discuter le 28 septembre de la cession de places dans la file d’attente de production des Patriot. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, les chiffres ukrainiens faisaient état de 50 drones à réaction sur 173 drones d’attaque, et de 134 interceptés.

Pourquoi c’est important. La question permanente compte les instruments conclus, non les annonces, et cette semaine a produit un exemple de chaque catégorie, sauf de celle qui compte. Une licence de production serait la première voie de sortie de la dépendance à une file de commandes mondiale en tête de laquelle l’Ukraine ne se trouve pas, mais elle est annoncée ici par le bénéficiaire, contredite la veille par le ministère des Affaires étrangères du fournisseur et — selon les comptes rendus de presse eux-mêmes — mettrait plus d’un an à produire des missiles. L’argent européen est réel et paie surtout le passé. Les chiffres sur les drones comptent davantage pour l’hiver que l’un ou l’autre : lus ensemble, la part des drones à réaction et la part non interceptée permettent de vérifier si le volet défensif le moins coûteux tient encore, et une nuit est un relevé, non une tendance.

Confiance : modérée Élevée quant au fait que les déclarations ont été faites et pour les conditions de la Facilité européenne pour la paix. Faible pour la licence en tant qu’instrument, qui n’existe que dans la version d’une conversation donnée par le président ukrainien. Modérée pour les chiffres sur les drones, qui sont des décomptes de l’armée de l’air ukrainienne sans vérification indépendante.

Où cela s’inscrit

Ceci est la revue datée d’un conflit pour la semaine. L’édition transversale de la même semaine reprend les constats les plus importants de chaque conflit que suit Vigil. La situation permanente que cette revue met à jour est la couverture Ukraine–Russie. La façon dont Vigil attribue ses degrés de confiance, date ses affirmations et en cite les sources est exposée dans la méthodologie, et toute erreur constatée ultérieurement est consignée dans le journal des corrections.

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